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Les appels d'une mère
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Kibeho : Notre Dame des sept douleurs

Kibeho est dans le diocèse de Butaré. Le sanctuaire a pour origine une apparition mariale très récente, l'essentiel du message a été donné entre 1981 et 1983.

 

Les voyants [1]

La Vierge apparaît à des pensionnaires du collège de Kibého, tout d'abord à Alphonsine Mumureke, qui a alors quinze ans et voit la Vierge pour la première fois le 28 novembre 1981, dans le refectoire, puis à Nathalie Mumukamazimepaka, et ensuite à Marie-Claire Mukangango (†).


Alphonsine est née en 1964 dans le Gisaka. Ses parents étaient mariés religieusement mais à sa naissance ils ne s'entendaient plus et vivaient séparés, ils divorcèrent en 1972. Alphonsine a beaucoup fréquenté la paroisse de Zara, tenue par les pères blancs. Cette paroisse s'est distinguée par le grand nombre de vocations qu'elle a donné à l'Eglise, en particulier le premier évêque de Nyundo en 1952. Alphonsine est arrivée en retard au collège, quelques mois avant les apparitions,  et son arrivée un peu dérangeante n'avait pas été appréciée de tous, et a porté un certain discrédit sur sa personne au début des apparitions, au point qu'Alphonsine et les collégiennes ont prié pour qu'il y ait une autre voyante avec elle. Ce sera Nathalie, puis Marie Claire.

 

Nathalie, ou Anathalie, est né à Muguanza. Son père avait déjà une autre femme et il a délaissé un peu sa mère, une chrétienne assez pratiquante, qui vivait donc assez pauvrement. Nathalie est admirée pour sa grande intériorité et sa grande rectitude morale. elle est sobre et portée par instinct à l'effacement. Les apparitions seront pour elle l'occasion d'approfondir la compassion et l'union au Christ rédempteur. Lorsque les apparitions ont commencé, elle avait 18 ans.

 

Marie-Claire a perdu son père peu de mois après sa naissance, elle a connu plusieurs pères adoptifs mais elle vivait de préférence chez sa grand mère. Pauvre, elle a développée une grande débrouillardise pour gagner un peu d'argent sur le marché. C'est une adolescente très vivace et expéditive, spontanée et franche, elle ne tient pas longtemps en place, et son le niveau scolaire est moyen faible. Au collège, elle a longtemps mené le front d'opposition devant les premières apparitions d'Alphonsine qu'elle attribuait aux mauvais esprits liés à l'origine géographique d'Alphonsine (le Gisaka). Lorsque les apparitions ont commencé pour elle, elle les a d'abord reçu dans la peur, la peur d'entrer dans un univers inconnu, puis dans la joie.

 

« Notre Dame des sept douleurs » [1]

Selon Marie-Claire, l’apparition se présente comme « Notre-Dame des Sept Douleurs », et demande de sortir de l'oubli le « chapelet des Sept Douleurs de la Vierge », dévotion ancienne parmi les servites de Marie, et de le prier.

Le 15 août 1982, la « Vierge Marie pleure », selon le témoignage des voyantes.

Le 19 août 1982, les voyants ont des visions terrifiantes qui préfigurent la guerre civile.

Le 15 août et le 28 novembre 1983, l’apparition demande à Alphonsine qu’une chapelle soit construite en son honneur. Le nom qui  lui sera donné est "Sanctuaire de Notre-Dame des Douleurs".

 

Les fruits [2]

Malgré la guerre civile qui va troubler toute la décennie suivante, les fruits du pèlerinage à Kibého sont nombreux et variés : conversions, guérisons, vocations religieuses en nombre, une vitalité de foi dans les Mouvements D'Action Catholique, Légion de Marie, Ligue du Sacré-Coeur de Jésus etc...

 

Mais les massacres de 1994 n’épargnent pas Kibeho. Un millier de personnes réfugiées dans l’église ont péri dans son incendie. Un autre massacre a suivi. Mais, certaines personnes ont attendu la mort en prière, unies à la Mère de Dieu, la priant pour le pardon des péchés personnels et celui des autres, en particulier celui des agresseurs. Certains furent conduits à la mort en chantant leur joie d'imiter la Passion de Jésus, d'autres la Bible en mains, dans l'attente de rejoindre bientôt le séjour des Bienheureux.

 

L’approbation de l’Eglise [3]

Le culte public a été autorisé en 1988.

Le 1er janvier 1988, l’archevêque de Kigali consacre le Rwanda à la Vierge et confie une commission d’enquête au père Augustin Misago, supérieur du séminaire de Butaré, entouré des théologiens de cette institution. Ses conclusions sont positives. Mgr Jean-Baptiste Gahamanyi, évêque de Butaré, autorise le culte public le 15 août 1988.

 

La première pierre de la chapelle du sanctuaire est posée le 28 novembre 1992.

Le nom donné au sanctuaire marial de Kibeho est "Sanctuaire de Notre-Dame des Douleurs", comme l'évêque l'a déjà préconisé à l'occasion de la pose de la première pierre, le 28 Novembre 1992, et repris dans son message du 15 Septembre 1996, avec de plus amples explications.
Après la guerre civile, Augustin Misago, promu évêque du nouveau diocèse de Gikongoro, s’est attaché au renouveau du pèlerinage et du sanctuaire où un chapelain réside depuis le 11 août 1996.

 

Les apparitions de Kibeho au Rwanda ont été reconnues officiellement par l'évêque du lieu le 29 juin 2001.

Cette reconnaissance concerne les apparitions publiques à trois des voyantes : Alphonsine MUMUREKE, Nathalie MUKAMAZIMPAKA, et Marie Claire MUKANGANGO.

 


[1] Augustin MISAGO, Les apparitions de Kibeho au Rwanda, Facultés catholiques de Kinshasa, 1991, p. 21-108

[2] Mgr Jean Baptiste GAHAMANYI, Evêque émérite du Diocèse de Butare, Rome, le 14 septembre 1997

[3] La Déclaration de l’évêque du lieu, publiée par l’abbé Ignace Mboneyabo, Chancelier du diocèse de Gikongoro, [2] et [3] sur http://dieu-sauve.chez-alice.fr/apparitions/kibeho/kibeho.htm

 

Synthèse F. Breynaert

 

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