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Marie dans le Judaïsme, l'Islam et les autres religions
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De la première à la seconde Pentecôte (Benoît XVI)

Le pape Benoît XVI rapproche quatre évènements :

  • L'Alliance qui fonde le peuple d'Israël, sur le mont Sinaï, célébrée dans la fête juive de Pentecôte.

  • Le souffle léger sur le prophète Elie, sur le mont Horeb (ou Sinaï) lors d'une étape importante du renouvellement de la foi dans l'Ancien Testament.

  • Le souffle de l'Esprit Saint sur les disciples du Christ lors de cette fête juive de la Pentecôte (Actes 2) et la fondation d'un peuple élargi.

  • Le souffle de l'Esprit Saint sur les disciples du Christ le soir de la Résurrection du Christ (Jn 20).

Ces quatre évènements, unis autour du thème du Sinaï et de la Pentecôte, mettent en lumière comment Juifs et chrétiens ont une origine et deux chemins.

 

Au Sinaï, la naissance du peuple d'Israël

Pour Israël, la Pentecôte, de fête des moissons, était devenue la fête qui faisait mémoire de l'établissement de l'alliance au Sinaï. Dieu avait montré sa présence au peuple à travers le vent et le feu et il lui avait ensuite fait don de sa loi, des dix Commandements. Ce n'est qu'ainsi que l'œuvre de libération, commencée avec l'Exode de l'Egypte, s'était pleinement accomplie: la liberté humaine est toujours une liberté partagée, un ensemble de libertés.

Une liberté commune ne peut régner que dans une harmonie ordonnée des libertés, qui ouvre à chacun son propre domaine. C'est pourquoi le don de la loi sur le Sinaï ne fut pas une restriction ou une abolition de la liberté, mais le fondement de la véritable liberté.

Et, étant donné qu'une juste organisation humaine ne peut exister que si elle provient de Dieu et si elle unit les hommes dans la perspective de Dieu, les commandements que Dieu lui-même donne ne peuvent manquer à une organisation ordonnée des libertés humaines.

Ainsi, Israël est pleinement devenu un peuple précisément à travers l'alliance avec Dieu au Sinaï.

La rencontre avec Dieu au Sinaï pourrait être considérée comme le fondement et la garantie de son existence comme peuple.

 

Au cénacle, les frontières s'ouvrent

Le vent et le feu, qui frappèrent la communauté des disciples du Christ rassemblés au Cénacle, constituèrent un développement supplémentaire de l'événement du Sinaï et lui donnèrent une nouvelle envergure.

En ce jour, se trouvaient à Jérusalem, selon ce que rapportent les Actes des Apôtres, «des hommes dévots de toutes les nations qui sont sous le ciel» (Ac 2, 5). Et voilà que se manifeste le don caractéristique de l'Esprit Saint: tous comprennent les paroles des Apôtres: «Chacun les entendait parler en son propre idiome» (Ac 2, 6). L'Esprit Saint leur donne de comprendre. En surmontant la rupture initiale de Babel - la confusion des cœurs, qui nous élève les uns contre les autres - l'Esprit ouvre les frontières.

Le peuple de Dieu qui avait trouvé au Sinaï sa première forme, est alors élargi au point de ne connaître plus aucune frontière. Le nouveau peuple de Dieu, l'Eglise, est un peuple qui provient de tous les peuples.

 

La force qui surmonte Babel, c'est le pardon

Le Seigneur Ressuscité entre dans le lieu où se trouvent les disciples, en traversant les portes closes et il les salue deux fois en disant: que la paix soit avec vous! (Jn 20, 21) [...] Au salut de paix du Seigneur suivent deux gestes décisifs pour la Pentecôte: le Seigneur veut que sa mission se poursuive à travers les disciples: «Comme le Père m'a envoyé, moi aussi je vous envoie» (Jn 20, 21). Après quoi il souffle sur eux et dit: «Recevez l'Esprit Saint. Ceux à qui vous remettrez les péchés, ils leur seront remis; ceux à qui vous les retiendrez, ils leur seront retenus» (Jn 20, 23). Le Seigneur souffle sur les disciples, et il leur donne ainsi l'Esprit Saint, son Esprit. [...]

La force, qui ouvre et permet de surmonter Babel, est la force du pardon. Jésus peut donner le pardon et le pouvoir de pardonner, car il a lui-même souffert des conséquences de la faute et il les a faites disparaître dans la flamme de son amour. Le pardon vient de la croix; il transforme le monde avec l'amour qui se donne. Son cœur ouvert sur la croix est la porte à travers laquelle la grâce du pardon entre dans le monde. Seule cette grâce peut transformer le monde et édifier la paix.

 

Déjà, l'expérience d'Elie à l'Horeb

Si nous comparons les deux événements de la Pentecôte, le vent puissant du 50e jour et le souffle léger de Jésus le soir de Pâques, le contraste entre deux épisodes, qui eurent lieu au Sinaï et dont nous parle l'Ancien Testament, peut nous revenir à l'esprit.

D'une part, il y a le récit du feu, du tonnerre et du vent qui précèdent la promulgation des dix Commandements et l'établissement de l'Alliance (Ex 19sq.); de l'autre, l'on trouve le mystérieux récit d'Elie sur l'Horeb.

Après les événements dramatiques du Mont Carmel, Elie avait fui la colère d'Achab et de Jézabel. Suivant le commandement de Dieu, il était ensuite parti en pèlerinage jusqu'au Mont Horeb. Le don de l'alliance divine, de la foi dans le Dieu unique, semblait avoir disparu en Israël. Elie, d'une certaine façon, devait rallumer la flamme de la foi sur le Mont de Dieu et la rapporter à Israël.

En ce lieu il fait l'expérience du vent, d'un tremblement de terre, et du feu. Mais Dieu n'est pas présent dans tout cela. Alors il perçoit un doux et léger murmure. Et Dieu lui parle dans ce souffle léger ( 1 R 19, 11-18). [...] Elie, sur le Mont Carmel, avait cherché à combattre l'éloignement de Dieu par le feu et par l'épée, tuant les prophètes de Baal. Mais de cette façon, il n'avait pu rétablir la foi. Sur le Mont Horeb, il doit apprendre que Dieu n'est pas dans le vent, dans un tremblement de terre, dans le feu; Elie doit apprendre à percevoir la voix légère de Dieu et, ainsi, à reconnaître à l'avance celui qui a vaincu le péché, non par la force mais par sa Passion; celui qui, à travers sa souffrance, nous a donné le pouvoir du pardon. Telle est la façon dont Dieu vainc.

 


Benoît XVI, Extraits de l'homélie du dimanche de Pentecôte, 15 mai 2005

 

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