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Le projet Marie de Nazareth

25 mars 2011 : Inauguration du Centre International Marie de Nazareth

25 mars 2011 : Interview d'Olivier Bonnassies par Éléonore Veillas pour Radio Notre-Dame

EV : bonjour à tous et bienvenue pour cette émission spéciale de Nazareth. C'est aujourd'hui un jour spécial à Nazareth puisque nous fêtons aujourd'hui le 25 mars le jour de l'annonciation et par ce qu'est aujourd'hui inauguré le centre Marie de Nazareth. C'est ce centre que je vous propose de découvrir tout au long de cette émission. Un centre complètement novateur et qui a été initié par un Français. Ce français c'est vous, M. Olivier Bonnassies.

 

OB : C'est quand même une œuvre très collective ! Vous verrez qu'il y a beaucoup, beaucoup de gens, qui sont intervenus, mais au départ on était quelques-uns effectivement.

 

Nazareth, la grande ville chrétienne de Terre Sainte

EV : alors merci de nous accueillir dans ce lieu flambant neuf. On va le voir, Il y a encore quelques travaux en cours. Avant de plonger dans ce centre, il nous faut expliquer à nos auditeurs où nous nous trouvons aujourd'hui.

 

OB : le lieu à Nazareth est assez spécial. On est en plein cœur de la ville de Nazareth, une ville de 60 000 habitants où il y a un peu moins de 30 000 chrétiens ; ils ne sont plus majoritaires maintenant. C'est la dernière grande ville chrétienne de terre sainte : à Jérusalem, il y a peu de chrétiens et à Bethléem il y a beaucoup d'exode ; donc Nazareth restera la grande ville chrétienne de terre sainte. Et dans cette ville très grande où il y a beaucoup de construction, il y a un Coeur situé autour du lieu saint qui est la basilique de l'annonciation, le lieu où l'Eternel est rentré dans le temps.

Si vous voulez la grotte de l'annonciation et un des deux grands mystères de la foi : il y a l'incarnation et la rédemption. Et bien incarnation cela s'est passé ici ! Alors ce centre, ce cœur historique de Nazareth est constitué d'abord de ce lieu saint mais il y avait trois ou quatre autres lieux qui étaient importants en archéologie autour. Les trois dont je vais vous parler forment un carré avec la basilique, avec un côté de l'ordre de 200 m. La basilique est au centre. Vers le nord vous avez l'église Saint-Joseph où la tradition dit qu'était l'atelier de Joseph. On a retrouvé des éléments archéologiques très intéressants, même s'ils ne sont pas réellement datables. Dans l'autre partie du carré, troisième angle du carré, vous avez la synagogue du temps de Jésus. Cette synagogue est située soit sur la mosquée blanche, soit sur l'église melkite ; Il y a une double tradition, mais c'est le lieu où Jésus venait prier. Et puis il y a un autre lieu très très beau et très très important qui est situé chez les sœurs de Nazareth où on a découvert un tombeau. La tradition disait que c'était le lieu du tombeau du juste. Les sœurs ont découvert cela dans le temps, par hasard ; elles ont découvert trois niveaux : un nouveau croisé, en dessous un niveau byzantin et en dessous encore un tombeau magnifique qui est attribué par la tradition à Joseph le juste. Ces quatre éléments sont vraiment sur un carré, et par chance, notre centre est vraiment au centre de ce carré !

Quand on a creusé dans ce carré, on a découvert des murs ; les constructions ont été arrêtées ; l'autorité archéologique israélienne est venue pour faire des investigations qui ont abouti à des découvertes archéologiques très importantes puisqu'on a trouvé la première maison datable du temps du Christ et même un petit peu avant, du temps de la période hellénistique. Tout cela nous montre que nous sommes vraiment ici sur une Terre Sainte, un lieu historiquement très, très fort !

 

Un lieu central

EV : là nous sommes sur un point de vue extraordinaire, sur l'une des terrasses de ce centre. On a en face de nous la basilique de l'annonciation ; juste à gauche la mosquée blanche ; derrière la fameuse église melkite. On se rend bien compte que les lieux est central.

 

OB : Oui et on a eu la chance de construire sur quatre niveaux. Les bâtiments que nous avons rachetés ici étaient sur deux niveaux mais on a pu avoir un permis pour construire sur quatre niveaux et donc on a une terrasse qui domine totalement. Nazareth forme une sorte de cuvette, donnant vers le sud sur la vallée d'Israël avec les monts de Samarie. De la terrasse où l'on est, on voit cette basilique. Le village historique de Nazareth était situé sur une sorte de petit dôme avec deux ravins de chaque côté. La maison de Marie était certainement la dernière avant ce ravin. La vue qu'avait Marie de sa maison est celle que l'on voit ici. Nous avons eu la chance de pouvoir construire assez haut pour avoir une vue à 360° sur Nazareth.

 

Genèse du projet

EV : alors comment un Français se retrouve-t-il ici à Nazareth pour fonder un tel centre ? Expliquez-moi la genèse de ce projet !

 

OB : Encore une fois, ce n'est pas « un » ; on est très nombreux à avoir participé à tout cela. L'origine de cette aventure remonte au moment où des assomptionnistes sont venus au début du XXe siècle à Jérusalem pour construire un centre magnifique sur une des collines qui domine Jérusalem, tout près de la vieille ville ; ils ont construit un lieu qui s'appelle « Notre-Dame de France ». Et ils ont mis au sommet de cet édifice une statue très originale de la vierge qui porte Jésus sur son épaule. Ils sont venus avec l'esprit des assomptionnistes de l'époque, un esprit catholique et français, pour expliquer la foi aux gens. Cela n'a pas été extrêmement bien reçu sur place mais ce lieu à perdurer ; il s'appelle maintenant Notre-Dame de Jérusalem et la statue est toujours là.

Suite à cet événement, en 1937, s'est tenue l'exposition universelle à Paris. Un pavillon pontifical y a été construit. Sur ce pavillon pontifical a été placée une statue, une reproduction de cette statue de Jérusalem, qu'on a appelé aussi « Notre-Dame de France ». C'était une statue de 7 mètres, en bronze. En 1938, année de Marianne, le Cardinal Verdier, archevêque de Paris, a demandé que cette statue soit conservée, et qu'elle soit érigée sur une colline proche de Paris qui ferait le pendant au Sacré-Cœur de Montmartre.

A partir de là, un notaire de Saint-Denis, Edmond Fricoteaux, a accompli ce vœux 50 ans après, à Baillet-en-France, en édifiant un centre où cette statue a été mise en place. Cela a été une très belle fête le 15 octobre 1988. Ce lieu et cette statue ont été le point de départ du mouvement des « vierges pèlerines » qui s'est développée entre 1995 et 2000.

Il y a d'abord eu 1 année de pèlerinage en France, avec 108 statues et icônes ; ensuite ses statuts et icônes sont partis dans le monde entier ; 120 pays ont participé à cette prière, parce que le pape avait demandé qu'on se mette en prière autour de Marie pour préparer le jubilé de l'an 2000 ; et donc tous les pays du monde ont merveilleusement accueilli cette prière.

Quand j'ai rencontré Edmond Fricoteaux, en 1994, il m'avait dit tout de suite que ce projet devait culminer en l'an 2000 quand on ouvrira la porte Sainte à Rome et à Bethléem. Il faudra que nous soyons dans le champ des bergers pour y prier toute la nuit, car on ne peut être que là ce jour-là ! Et comme je m'occupais de l'organisation de ces 120 pays, j'ai dit à tout le monde, à tous ceux qui pouvaient, de venir avec des cadeaux à déposer au pied de la crèche. Il y a eu des gens qui sont venus de 80 pays du monde pour passer cette nuit de prière qui a été vraiment formidable. On a eu des moments très forts en invitant toutes les églises chrétiennes de terre sainte à participer. Le bonheur était que nous avions deux écrans : l'un qui retransmettait l'ouverture de la porte Sainte à Rome par le pape et l'autre qui retransmettait l'ouverture de la porte Sainte par le patriarche Sabbah à Bethléem. Nous avons prié avec ces 12 églises de terre sainte en communion avec ces événements ; c'était étonnant de voir des protestants et des orthodoxes triés en commun avec nous.

Cet événement a été très important car nous avons été contacté à ce moment-là par une personne de l'Unesco, Pierre Seurat, (il est mort aujourd'hui ; Edmond Fricoteaux également ; triste disparition que ces 2 là !) qui nous a dit que le maire de Nazareth avait le projet de faire un musée en l'honneur de la vierge Marie à Nazareth ; est-ce que vous pouvez l'aider ? Alors on a dit oui bien sûr, tous les gens qui vont venir vous rapporter des cadeaux et on les donnera au maire de Nazareth. On a recueilli comme cela 135 œuvres, pas de qualités exceptionnelles toujours, mais on les a donnés au maire de Nazareth qui était ravi.

Et ensuite à Nazareth il y a eu quelques événements compliqués, avec une mosquée que des musulmans intégristes extérieurs à la ville de Nazareth voulaient construire au pied de la basilique. Le maire a été obligé d'abandonner son projet, et comme on avait été les seuls à s'y intéresser, il nous a demandé de le reprendre. Alors, j'ai dit oui tout de suite, mais en rentrant dans l'avion je me suis dit « Olivier c'est complètement idiot, tu as plein de choses à faire, cela ne va pas du tout ».

En rentrant en France, j'avais des amis dans des monastères, et notamment une amie qui était un peu comme Marthe Robin, qui était vraiment formidable. Je leur ai parlé de tout ça et ils m'ont dit tous : « cela vient de l'esprit saint, il faut s'occuper de ce projet ». À partir de là, je m'y suis remis.

Quand je suis revenu pour la première fois pour m'intéresser à ce projet c'était le 12 juin 2000 ; je suis venu à Nazareth ; d'abord j'étais allé à Jérusalem et j'avais remercié les églises d'avoir participé avec que nous à la veillée de prière à Bethléem pour les 2000e Noël et je leur ai dit qu'il est possible qu'on ne fasse pas un musée mais un centre international pour la Vierge Marie, est-ce que vous seriez partants ? Et la bonne nouvelle, c'est que tout le monde a dit « oui » ; il y a eu pratiquement un accord immédiat de toutes les églises de terre sainte pour suivre ce projet et être avec nous. Et ce n'était pas rien car c'était la première fois qu'un projet est soutenu par les 12 églises chrétiennes en terre sainte : les 5 églises catholiques, mais aussi les 5 églises orthodoxes et même 2 protestantes ; cela n'était jamais arrivé !

 

L'intercession de Saint Joseph

EV : il y a eu un petit miracle aussi, parce qu'il a fallu acquérir le terrain, les lieux. Comment cela s'est-il passé ?

 

OB : le 12 juin, je suis revenu à Nazareth, et j'ai demandé au maire à quel endroit il voulait faire son musée. Alors, il m'a montré tout en haut de la colline (on voit là-bas les monastères anciens des salésiens). Il voulait que l'on fasse cela dans la crypte du monastère des salésiens. Mais c'est tout petit et très loin du centre. Il avait aussi deux autres lieux qui étaient mal placés. Alors je lui ai dit qu'il fallait que ce soit à côté de la basilique, avez-vous quelque chose ? Il m'a répondu : cela fait trois ans que je cherche et on n'a rien trouvé !

Alors j'étais un peu désolé. On a passé l'après-midi avec son adjoint à visiter les lieux qu'il avait repérés et en rentrant le soir à l'hôtel, je me suis dit « c'est fini, moi je ne sents pas du tout ce projet si loin ; je ne vois pas comment les gens pourraient y aller, car à Nazareth ils ont peu de temps. Donc ce projet s'arrête ! ».

J'étais dans un hôtel qui s'appelle l'hôtel Galilée. Il y avait là un groupe de pèlerins français qui m'ont demandé si je connaissais le tombeau du juste, on va là-bas. Comme je ne connaissais pas à l'époque le tombeau de saint Joseph, le tombeau du juste, ils m'ont amené là et j'ai découvert ce lieu vraiment incroyable : encore une fois, sur quatre niveaux, on descend à 12 m sous terre et on voit ce tombeau magnifique, dont moi je pense qu'il a été creusé par Jésus pour son père.

Arrivé là, j'étais tellement convaincu que c'était le tombeau de saint Joseph que j'ai dit à Saint-Joseph : « écoute, tu as logé Marie et Jésus toute ta vie sur la terre, est-ce que tu pourrais me trouver une solution ? » Honnêtement, je l'ai dit sans trop y croire ! Le lendemain matin, c'était le 13 juin, à la messe de 6:30 à la basilique il y avait une Soeur prénommée Soeur Anthony. Comme c'était la fête de saint Antoine, elle restait un peu plus longtemps dans la prière. On a parlé un peu, je lui dis tous les problèmes. Et elle m'a dit « votre histoire est incroyable par ce qu'on a une école qui s'appelle l'école Saint-Joseph, on vient de décider de déménager parce qu'elle est trop petite, on va la quitter dans un an ; et on cherche depuis une semaine des personnes qui vont faire un hôtel ou des commerces pour remplacer l'activité.»

Je leur ai dit d'arrêter tout de suite car nous avons ce projet et c'était vraiment formidable car les sœurs s'appellent les sœurs de saint Joseph de l'apparition, ce qui fait que c'était vraiment la réponse de Saint-Joseph à tout cela.

On a pu acquérir comme cela 2 bâtiments en location longue durée. Ensuite on a pu acquérir 2 bâtiments justes à côté que des musulmans nous ont vendus, ce qui est très rare car les musulmans ne vendent jamais à des chrétiens. Mais là c'était pour la Vierge Marie, donc ils ont accepté de le faire. On a donc cinq bâtiments actuellement. Il y en a 2 ou 3 autour qui pourraient être intéressants aussi.

Donc on a trouvé un lieu absolument incroyable, à 100 m du lieu historique de l'incarnation. On a les bâtiments pratiquement les plus proches du lieu historique de l'annonciation. C'est un lieu magnifique qu'il faut absolument bien utiliser.

 

Soutiens et besoins financiers

EV : alors on est 10 ans après ce démarrage. Comment avez-vous pu réaliser ce projet ? Qui vous a soutenu financièrement ? Comment cela s'est passé ?

 

OB : financièrement, ce projet partait de zéro. On a commencé à parler dans la presse de ce projet. Il y a des gens qui ont commencé à faire quelques dons. Mais assez vite on a dû acquérir des bâtiments, ce qui représente des sommes beaucoup plus importantes.

On n'avait pas d'argent. Mais on a rencontré un banquier qui s'appelait Bruno Rivière de Précourt qui était à l'époque le président de la banque Rivaud. Il nous a mis au point un prêt assez extraordinaire, cautionné par des cautions émanant en général d'hommes d'entreprise catholique français. Il y avait Claude Bébéar, Jean-François Hénin, Bertrand Collomb, Henri de Castries, un certain nombre de grands patrons comme ceux-là qui ont cru à ce projet, qui nous ont fait confiance et qui nous ont permis ainsi d'acheter ces bâtiments.

Une fois ces bâtiments achetés, nous avons continué à parler de ce projet dans la presse à droite et à gauche et on a fait des appels de dons. Aujourd'hui il y a 25 000 personnes qui ont donné pour ce projet. Actuellement nous avons recueilli 10,7 millions. Malheureusement ce n'est pas suffisant par ce qu'on termine le projet à 17 millions. Il y a donc 7 millions d'endettements, dont 3,5 millions sont faits et le reste n'est pas du tout acquis encore.

Pour tout vous dire, on est dans une situation financière extrêmement compliquée. Cela fait trois mois qu'on ne paye pas les gens. On est en train de trouver des solutions ; Saint-Joseph s'en occupe mais c'est très tendu quand même de ce point de vue-là.

 

Soutiens locaux

EV : alors, au niveau local, est-ce que vous vous êtes sentis soutenus ?

 

OB : extrêmement soutenue au niveau local par ce qu'avant l'an 2000, les églises de terre sainte avaient fait un synode qui avait conclu comme priorité pastorale numéro un : les lieux saints et la pastorale des lieux saints. L'idée c'était qu'il y avait des pierres mais qu'il fallait faire parler les pierres. Il fallait expliquer aux gens qui viennent dans ces lieux pourquoi ces pierres étaient importantes et dans quelle histoire elles s'inscrivaient.

Et là on a eu l'idée de faire un lieu qui expliquerait Marie, la foi chrétienne à travers un parcours multimédia qui raconterait les choses d'une manière assez originale en utilisant les moyens d'aujourd'hui. On s'est aperçu assez vite qu'actuellement cela n'existait pas dans le monde, qu'il n'y avait pas ce type d'outils pour parler de la foi.

Cela existe pour parler de Mickey, de Donald ou d'autre chose ; on fait de magnifiques films sur des tas de sujets, mais sur Jésus, Marie, Joseph, la foi n'est pas mise en valeur comme elle le devrait par l'image. On a eu ce projet d'utiliser ce qui existe aujourd'hui comme image et d'en faire un spectacle multimédia dans lequel les gens pourront voir un petit peu le plan de Dieu sur les siècles, les prophéties et leurs accomplissements.

 

EV : est-ce que la mairie et les autres confessions ont accepté ce projet ?

 

OB : oui, ce qui est étonnant, c'est que Marie est un vrai pont entre les gens ici.

Bien sûr, en ce qui concerne la mairie, le maire considère que c'est toujours son projet, dont il est très content qu'il ait été repris et que cela existe.

Au-delà de la mairie, tous les chrétiens de terre sainte sont ravis de tout cela. Nous avons rencontré des personnes formidables, qui sont extrêmement reconnaissant de ce qui se passe ici.

Au-delà de la communauté chrétienne, les musulmans n'ont pas de problème avec Marie ; il y a juste la question de Marie qui est mère de Dieu. À part cela, on est très proche ; Il y a une vraie vénération de Marie dans l'islam. Les musulmans voient donc que tout cela d'un très bon œil. Le récepteur de la mosquée d'à côté vient toujours dire du bien de tout cela.

Du côté juif, cela aussi a été formidable car quand ils s'aperçoivent qu'on voulait montrer Marie, la vie quotidienne et que l'on ne voulait pas du tout cacher, mais bien au contraire montrer qu'elle était la femme juive, fille de Sion, qu'elle était dans cette culture et dans ce peuple, on a eu des collaborations immenses. Tout le spectacle multimédia est fait avec des juifs qui font la lumière, le son, l'éclairage...

 

Archéologie, jardins, parcours multimédias, chapelle

EV : ... Je suis toujours avec Olivier Bonnassies, l'un des initiateurs de ce projet. Nous avons quitté la terrasse et nous nous trouvons maintenant dans une des salles de ce centre. Alors que va-t-il être proposé dans ce centre ?

 

OB : ce centre est composé de différents modules. Lorsque l'on arrive, on tombe d'accord sur l'archéologie. Ensuite on arrive à l'accueil. On passe ensuite dans des jardins qui sont vraiment travaillés ; il y a environ 400 espèces de plantes différentes qui sont mises dedans ; ce sont des choses que nous avons vraiment beaucoup travaillées pour que ce soient un peu les jardins de Marie et que cela contraste avec le béton qui est un peu majoritaire aujourd'hui ce qui n'était pas le cas du temps de Marie.

Donc c'est un lieu qui veut un peu retrouver les ambiances du temps de la Vierge.

On traverse ces jardins avant d'entrer dans un « parcours de découverte » sur quatre salles, qui veut essayer de reprendre l'histoire sainte dans sa logique, sa beauté, sa cohérence.

Lorsqu'on a quitté ce parcours, on débouche sur des terrasses panoramiques - qui dominent la ville et d'où on peut voir tout Nazareth - et une chapelle située à l'extrémité, qui donne sur la basilique.

Cette chapelle a été faite de manière assez originale : elle a trois ouvertures donnant sur la basilique. C'est la chapelle de l'adoration où la chapelle de l'unité, pour méditer sur le mystère de l'incarnation.

Ensuite, en redescendant, il y a de nouvelles propositions : Marie dans le judaïsme, Marie dans l'islam, Marie dans les églises chrétiennes et l'unité des chrétiens ; des marionnettes, une salle sur Saint-Joseph et puis, en redescendant encore, notre salle qui n'est pas encore aménagée, un auditorium dans lequel on pourra projeter des films ou avoir la cinquième partie du spectacle qui est fait dans les quatre premières salles.

À la fin une boutique, un restaurant, un studio d'enregistrement et d'autres petites salles qui rendent le centre modulaire. Les gens pourront venir pour une chose, mais aussi pour d'autres choses.

 

Pourquoi tout centrer sur Marie ?

EV : alors, revenons sur la pédagogie du lieu. Pourquoi tout centré sur Marie ?

 

OB : cela s'est fait comme cela. Au début, le projet du maire Nazareth était de faire un musée sur Marie. À Nazareth, alors que Jésus y a passé 30 ans et Joseph aussi, c'est considéré un peu comme la ville de Marie, pour la bonne et simple raison que la grande fête de Nazareth c'est le 25 mars, c'est cette annonciation dans laquelle Marie a évidemment un rôle particulier.

Donc ici c'est la ville de la vierge et on pense à Marie avant tout. Et c'est vrai que c'est le « oui » de Marie qui nous a permis l'incarnation. Dans cet univers immense et dans ce temps immense, il y a un lieu que Dieu a choisi, un temps que Dieu a choisi et une personne pour entrer dans son œuvre en quelque sorte.

Le but de ce centre est de servir le lieu saint qui est juste à proximité. Ce n'est pas de faire un deuxième lieu de prière ; mais de le servir, d'essayer de compléter la visite des pèlerins, des touristes des habitants de la terre sainte, juifs chrétiens ou musulmans, et aussi de tous les hommes d'aujourd'hui qui ont besoin qu'on leur présente la foi d'une manière un peu renouvelée.

C'est cela que l'on a essayé de faire à travers les spectacles multimédias. Beaucoup de gens ont du mal avec les livres, avec les discours un peu classiques ou avec les mots de l'église. Donc on essaye de toucher les gens avec des images, des sons et en travaillant beaucoup cette présentation.

 

Marie, fil conducteur pour découvrir l'histoire du salut.

EV : très concrètement, sur quatre salles -là on est dans la dernière je crois-, on va suivre le parcours de Jésus et de la vierge Marie...

 

OB : tout est centré sur Jésus, mais Marie est le fil conducteur. C'est très intéressant car Marie, d'une certaine manière, est Israël qui attend Jésus. Elle est l'église qui le prolonge. Elle est aussi celle qui a partagé les plus la vie terrestre du Christ : les neuf mois dans son sein, les 30 années de la vie cachée et les trois années aussi de la vie publique.

Donc Marie et avant, pendant et après Jésus. Elle entoure le Christ et, avec elle, on suit son parcours incroyable, on découvre le plan de Dieu sur les siècles.

Alors, dans la première salle de ce parcours, on découvre Marie tout enfant, qui découvre sur les genoux de sa mère l'histoire de son peuple et les saintes écritures. Elle est fascinée - avec nous j'espère - par la création du monde, la beauté de la création et par cette élection que Dieu a faite d'un peuple, Abraham, Isaac, Jacob, Moïse, les 10 commandements, le passage de la mer Rouge... Toute cette histoire est racontée à nouveau.

Et Marie arrive dans ce moment très fort où des prophètes, sur des siècles, ont annoncé la venue d'un Messie en décrivant sa naissance, sa vie, sa mission, sa mort, son destin, sa postérité, dans des termes très touchants et poétiques. C'est cet ensemble de prophéties qui a fait qu'un peuple a attendu le Christ pendant des siècles - Cas unique dans l'histoire du monde -, qui touche le Coeur de Marie

Et Marie donne sa vie pour la venue du Messie, pour que le plan de Dieu s'accomplisse, sans penser du tout que ce sera elle qui en sera l'acteur principal.

Le résultat, c'est que cette première salle est située à Jérusalem ; on suit Marie au temple qui médite et qui prie pour la venue du Messie dans ce moment unique de l'histoire du monde puisque le prophète Daniel avait annoncé la venue du Messie de manière assez précise avec les 70 septennaires et les 4 royaumes ; donc on attendait spécialement le Messie à cette époque. Donc ça c'est la première salle et avec Marie, dans sa petite enfance, on découvre tout cela ; puis elle est confiée à Joseph, elle part à Nazareth.

On arrive dans la deuxième salle, où est reconstitué un décor lié de la vie à Nazareth. Marie vit une vie quotidienne dans ce décor de campagne, de petite ville. Mais c'est elle que Dieu a choisie et elle va devoir répondre « oui » pour que le Messie s'incarne. Cette salle évoque l'annonciation, l'incarnation, la visitation, le magnificat, le « oui » de Joseph jusqu'à Noël et la fuite en Égypte.

Quand on fuit en Égypte, on suit la Sainte-Famille, on change de salle : on arrive dans la salle numéro 3. Il y a une sorte de colline sur laquelle on s'assoit.

Au début c'est un désert qui va devenir la colline de Nazareth, puis la colline du mont des béatitudes donnant sur le lac de Tibériade. Tout ceci est fait avec des décors et des lumières.

Dans cette salle, on parle de la vie cachée et de la vie publique du Christ.

Chaque salle propose un spectacle de 15 minutes ; c'est à la fois rapide mais on a tout de même le temps de dire des choses. On montre aussi dans toutes ces salles, comment les prophéties s'accomplissent c'est-à-dire quand le Christ, petit enfant, parle ou quand il se met à parler en paraboles, ou quand il vit sa passion, les prophéties qui en parlent tombent du ciel pour montrer comment - c'est l'argument apologétique du Christ - les écritures s'accomplissent. Donc on essaye la de montrer comment elles s'accomplissent.

La salle 3 c'est la vie publique avec les mystères du baptême, des noces de Cana, toute la prédication du Christ, la transfiguration jusqu'aux rameaux.

Ensuite, il y a la salle 4, où en est actuellement. Cette salle est décorée pour qu'il y ait des oliviers.

On arrive dans une ambiance de cénacle, cette fête de Pâques que le Christ a célébrée avec ses apôtres avant l'alliance nouvelle et éternelle.

On voit cela sur un écran, avec effet de relief.

Dans cette salle, on aura le cénacle, mais aussi l'agonie, la passion et jusqu'à la résurrection et l'ascension.

À l'ascension, les portes éternelles s'ouvrent et Jésus monte au ciel avec nous. On quitte la salle.

Il y aura ensuite dans l'avenir, mais ce n'est pas du tout près encore aujourd'hui, une 5ème salle qui évoquera la Pentecôte jusqu'à la fin des temps. On sera avec Marie, au cénacle à nouveau, pour la Pentecôte ; on verra, avec elle, la première prédication de l'église, l'expansion, les martyrs, Marie avec Jean à Éphèse, l'Assomption de Marie, Patmos, les pères de l'église, les conciles, les docteurs qui ont parlé d'elle, toutes les constructions et cathédrales édifiées dans le monde pour parler d'elle, et, finalement, ce qu'elle a à nous dire au travers de ses messages et apparitions, et ce qu'elle attend de nous aujourd'hui.

 

Une musique formidable

EV : sans tout dévoiler, j'ai vu en avant-première ce show multimédia. Il y a plein d'images, tirées à la fois d'images anciennes, nouvelles, il y a des films, de très belles musiques qui habitent aussi cette réalisation, avec un parti pris moderne.

 

OB : oui, Daniel Facérias a composé une musique absolument formidable avec des juifs et des chrétiens arabes locaux, en retrouvant les sonorités qui pouvaient être celle de l'époque où les chants traditionnels juifs des psaumes ou des cantiques ; il les a réorchestrés de manière moderne - cela va donner un CD de 17 titres absolument génial qui va sortir le 1er mai normalement- ; ses musiques sont réutilisées dans le parcours.

Ensuite, on a travaillé avec des spécialistes sur les décors. On a travaillé sur les lumières, avec un grand spécialiste israélien. On a travaillé sur les multi-projections avec beaucoup de personnes qui se sont investies sur la scénographie.

C'est quelque chose qui est assez complexe car il y a plusieurs techniques qui sont rassemblées pour essayer de créer une ambiance et de raconter une histoire ; tout est dans le réglage. Aujourd'hui cela donne un résultat qui est à mon avis correct, bien même ; mais en les travaillant encore cela pourrait devenir très très bien !

 

A qui va s'adresser ce show ?

EV : alors, à qui va s'adresser ce show ? Il y a les pèlerins qui viennent, qui passent souvent à Nazareth mais qui ne s'arrête pas. Est-ce que cela s'adresse à eux ? Aux habitants ?

 

OB : oui nous avons des versions en français, anglais, hébreu, arabe, espagnol et italien ; mais cela a vocation à être dans toutes les langues, pour les pèlerins d'abord, mais aussi pour les habitants de la terre sainte, à l'intention des juifs, mais aussi des musulmans qui sont très curieux et qui veulent savoir ce que la foi chrétienne.

D'une certaine manière, ce parcours rappel les bases, les fondamentaux de la foi chrétienne ; il a un aspect catéchétique, pédagogique.

Par exemple, on dit toujours que le Christ a accompli les prophéties, mais on ne dit jamais lesquelles, comment, ni quand. Ici, on essaie de les raconter, on montre la sublimité de l'enseignement du Christ, on montre l'expansion miraculeuse du christianisme, on montre les miracles, toute l'apologétique que le Christ a pu développer au travers d'un parcours d'une heure accessible aux jeunes, à tout le monde dans la culture d'aujourd'hui

 

EV : est-ce que des juifs ou des musulmans ont déjà vu le show ?

 

OB : oui beaucoup de juifs ou de musulmans ont déjà vu le show dans les travaux préparatoires. Je n'ai pas eu de réflexion religieuse, mais uniquement sur la qualité de l'image. Les gens disaient que c'était très beau, magnifique !

 

Un lieu d'accueil

EV : donc il y aura ce lieu qui présente ce show, les fondamentaux de la foi chrétienne, mais c'est aussi un lieu qui se veut un lieu d'accueil...

 

OB : tout à fait, l'accueil est assuré par la communauté du chemin neuf qui s'est investi depuis cinq ans dans ce projet. Au début on n'était pas sûr qu'ils soient très partants.

On cherchait une communauté ; on ne pensait pas d'abord à eux à eux, par ce que Marie ce n'était pas un sujet qui était d'abord œcuménique, et la communauté du chemin neuf et une communauté catholique à vocation œcuménique ; mais le père Laurent Fabre a eu une intuition géniale qui consiste à dire qu'il est temps que Marie soit au centre du dialogue œcuménique et qu'elle soit un sujet.

Sa conviction - qui est aussi totalement la mienne - et que c'est autour de la mère que l'union va se faire. Cette idée fondamentale a conduit à nous rapprocher et cette communauté s'est investie à fond dans ce projet. Elle a envoyé Marc Hodara et Valentine avec leur fille, Claire ; ils ont été là pendant cinq ans et ont abattu un travail incroyable. Maintenant c'est Luc et Marie-Christine Lagabrielle qui prennent le relais.

Ils sont décidés à mettre 15 personnes ici, pour accueillir les gens et que ce centre soit un lieu d'unité, un lieu où toutes les églises chrétiennes se sentent à l'aise ; que toutes les autres religions se sentent aussi accueillies, que ce soit un lieu de dialogue. Je pense que c'est la communauté idéale pour faire cela.

 

Qu'est-ce que Marie a à dire aujourd'hui ?

EV : vous avez commencé à nous en parler, mais qu'est-ce que Marie à dire aujourd'hui ?

 

OB : dans le passé, la culture chrétienne se transmettait de père en fils, parce que la culture ambiante était une culture chrétienne. Aujourd'hui, quand Marie apparaît, je sens que son souhait le plus cher est que la foi renaisse et que la nouvelle évangélisation se développe.

Elle veut nous dire à quel point -je pense- le message de l'Évangile est beau, fort et vrai ! Vrai aussi, c'est très important, la vérité de tout cela !

Quand on a pensé à ce centre, on a pensé en termes d'évangélisation : qu'est-ce qui pourrait être fort pour les pèlerins ? On s'est dit qu'il faut toucher les gens, leur cœur, en leur montrant la beauté du plan de Dieu sur les siècles ; c'est ce que l'on a essayé de faire ici.

On s'est dit aussi que les gens arrivent avec beaucoup de questions, des questions personnelles, des blocages. On s'est dit qu'il fallait faire un site Internet pour répondre à toutes les questions des gens, surtout les sujets. On s'est mis à faire un site Internet qui s'appelle « Marie de Nazareth.com » pour répondre à toutes les questions que l'on peut se poser sur Marie.

Mais on est en train de développer actuellement, avec le zénith et H2O à Rome, un énorme site qui va s'appeler « Aleteia » - ce qui veut dire « la vérité » - dont le but est de répondre à toutes les questions que l'on peut se poser sur Jésus, Marie et toute la foi chrétienne. C'est un projet qui est déjà très engagé ; il sortira le 1er mai.

L'ambition est très forte, - on le traduira en 10 langues - : devenir assez rapidement le premier site religieux pour que, lorsque l'on tape sur Google une question qui a un rapport avec la foi, on ne tombe pas que sur des réponses de la scientologie ou de secte, mais que l'on tombe sur un site chrétien fort, un site catholique qui réponde aux questions des gens.

Donc lorsque vous posiez la question de savoir ce que Marie veut, je pense qu'elle donne, qu'elle livre son cœur dans les messages des apparitions, elle parle du retour à la foi ; pour nous c'est cela, la nouvelle évangélisation : avec Marie, essayez de parler aux hommes de cette foi qui est tellement belle, tellement vraie et tellement forte (moi je suis un converti, donc je connais la vie avant la foi et après la foi ; et la vie après, cela change tout).

Le but de tout cela est de montrer qu'il y a des arguments, qu'il y a de vraies raisons de croire que c'est vrai et que c'est beau !

 

La chapelle de l'unité

EV : nous marquons une pause... (Musique). Nous avons quitté les salles de projection et nous trouvons dans la chapelle : Une chapelle magnifique, qui surplombe tout le centre !

 

OB : il n'y a qu'un seul lieu de prière à Nazareth, le lieu saint de la grotte de l'annonciation, ce qui fait qu'au début on se demandait s'il fallait faire une chapelle et puis on a eu cette idée d'ouvrir la chapelle avec trois baies vitrées pour regarder toujours le lieu saint de l'incarnation.

Cette chapelle est donc très originale car elle est ouverte, elle donne sur la basilique. Entre la basilique et nous, il y a un jardin, des terrasses panoramiques donc c'est très agréable. Cette chapelle a été très bien conçue par Bertrand de Lagarde et quelques architectes qui ont travaillé depuis la France.

Pour les icônes, c'est un jeune Letton, membre de la communauté du chemin neuf, formé pour l'écriture des icônes dans les monastères russes. Il nous a peint une coupole magnifique où l'on voit les 12 apôtres, la vierge et le Christ. Il est en train de nous faire actuellement - ce n'est pas encore tout à fait fini - 20 icônes pour les 20 mystères du rosaire.

De part et d'autre des 3 baies vitrées, vous avez l'ange et la vierge.

Quand vous priez ici - il y a un très bel ostensoir créé par les frères de Bethléem, et de très beaux meubles en bois - vous adorez le Christ ici, vous voyez derrière le lieu de l'incarnation, à gauche l'ange, à droite Marie : c'est un vrai bonheur de prier, d'adorer ici !

 

EV : les auditeurs ne s'en rendent pas forcément compte, mais c'est une chapelle circulaire, c'est plutôt blanc, mais avec de très belles fresques de couleur qui contraste avec le blanc. On sent que c'est un lieu où l'on peut prier ; c'est très paisible ! C'est ici aura lieu pour l'inauguration une célébration œcuménique. Pourquoi avez-vous voulu que ce lieu soit un lieu œcuménique ?

 

OB : le mystère de l'incarnation appartient à tout le monde et la vierge aussi. Encore une fois l'un des vœux les plus chers de la vierge et de rassembler tous ses enfants autour d'elle : elle veut l'unité, c'est elle qui le veut plus ; on a besoin d'aide pour  y arriver.

Le lieu de l'annonciation est gardé par les franciscains, la Custodie de terre sainte qui fait un travail incroyable depuis des siècles, avec des martyrs pour préserver ces lieux saints. Il y a beaucoup de lieu catholique, beaucoup de lieux orthodoxes.

Aujourd'hui où il n'y a plus qu'1% de chrétiens terre sainte, ce qui est important c'est vraiment de retrouver cette unité entre les chrétiens ; il n'y a plus de place pour les divisions maintenant ; il n'y a plus de temps pour être divisé ; la promesse du Christ, c'est que le monde croira lorsqu'on sera un.

Si on veut évangéliser, si on veut la nouvelle évangélisation, si on veut que le monde croie, il faut que l'on soit un. C'est pour cela que tout va ensemble : l'unité, le mystère de l'incarnation. On a vraiment besoin de Marie pour cela.

 

EV : alors est-ce qu'on peut déjà dire que c'est un fruit de ce centre ? On sait qu'ici à Nazareth, il y a l'église grecque melkite, les orthodoxes, les protestants... Est-ce qu'ils ont joué le jeu, est-ce qu'ils ont essayé de se retrouver ensemble sur le projet ?

 

OB : oui tout à fait ! Les 12 églises chrétiennes de terre sainte : 5 catholiques (les latins, les melkites, les maronites, les syriaques..), 5 orthodoxes (les grec orthodoxe, les coptes, les arméniens, les syriens, les éthiopiens) et 2 protestantes (les luthériens et les anglicans ;) ces églises traditionnelles de terre sainte partagent complètement la même foi sur Marie, ont les mêmes fêtes de la vierge et n'ont aucun problème avec Marie d'un point de vue œcuménique.

Le fait qu'on fasse un centre un centre sur la vierge Marie les a touchés ; ils ont tous une très forte dévotion, donc ils sont partis en disant « on y va ! ». Ils nous ont donné un peu carte blanche car quand on leur a dit qu'on faisait le centre Marie de Nazareth, on ne savait pas exactement nous-mêmes ce que l'on avait faire. Ils ont été très coopérants.

C'est une chose que je voudrais souligner : les églises locales ont toujours été extrêmement positives. On pensait finir beaucoup plus tôt, on pensait que cela coûterait beaucoup moins cher, on pensait qu'il y aurait beaucoup moins de difficultés ; les gens auraient pu douter que cela aboutisse. Mais cela n'a pas été le cas.

En particulier, l'évêque désigné par l'assemblée des Ordinaires de terre sainte pour accompagner le projet, Mgr Marcuzzo, a toujours été positif ; il n'a fait qu'encourager, être un soutien constant dans tout ce projet et on peut vraiment lui dire un immense merci !

 

EV : c'est vrai que Marie n'est pas vue de la même façon dans les différentes églises, comment avez-vous fait ?

 

OB : le fait que Marie soit perçue comme une question qui pose problème dans le dialogue œcuménique, et une vision très occidentale. En Occident on a l'impression qu'il y a des protestants un peu minimalistes, des catholiques un peu maximalistes et que la vérité pourrait être le milieu, mais en Orient c'est complètement différent : ici toute les églises apostoliques sont extrêmement mariales ; elle partage la même foi sur Marie, il n'y a aucun problème.

C'est un enseignement pour l'Occident de regarder ce qui se passe dans les églises mères de Jérusalem concernant la vierge parce que tous les orthodoxes et tous les catholiques apostoliques - encore une fois - partage cette fois de Marie ; et même les anglicans et les luthériens locaux ici  n'ont pas de problème avec les icônes, avec les dévotions, parce qu'ils ont été culturellement dans cette ambiance où il n'y avait pas de problème.

Il faut donc que l'Occident se corrige et comprenne que Marie n'est pas un problème, qu'il faut rejoindre la foi de toujours, la foi partagée par toutes les églises apostoliques en terre sainte autour de la vierge.

 

A Nazareth,tout le monde est curieux de ce Centre

EV : alors comment est perçu centre par tous les habitants de Nazareth, notamment les voisins ; il y a le souk pas très loin ici ?

 

OB : quelques voisins ont posé problème ici. On est dans une construction ultra compliquée, par ce que l'on est en centre-ville, dans un quartier extrêmement sensible et protégé, avec une toute petite rue d'accès dans laquelle on ne peut pas faire venir de gros camions, pas de grue (on a pu faire venir une grue, mais pas la plus grande), il y a des problèmes de stockage ; on construit avec une équipe française et une Israélienne donc il y a des problèmes de communication - moi je suis venu 42 fois en terre sainte pour ce projet - ; ce projet est extrêmement complexe par ce que l'on construit en centre-ville avec des problèmes de circuilation, de trafics embouteillés etc...

Certains voisins ont posé problème, le constructeur s'est arraché les cheveux ; il en a embauché certains pour la surveillance, certains pour des activités de circulation ; cela a fini par bien s'arranger et globalement on peut remercier les voisins parce qu'il y a eu 3 ans de travaux, qu'ils ont eu du bruit, de la poussière du dérangement et tout. Pour être franc, certains voisins nous ont cassé les pieds et d'autres pas.

Du côté des habitants, tout le monde est très curieux de ce centre ; cela suscite des interrogations. Aujourd'hui c'est l'inauguration, on va voir comment les gens vont apprécier tout cela. Mais je pense que les gens sont très positifs ; vous savez, les chrétiens de terre sainte sont de moins en moins nombreux et, depuis l'an 2000, ils ont l'impression que plus personne ne fait rien pour eux ; il y a plus de projet depuis l'intifada ; avant l'an 2000 il y avait une très belle ambiance, positive, plein de construction ; mais à partir de l'intifada, cela était très difficile.

Les gens ont le sentiment qu'on les abandonne. Le fait de bâtir des bâtiments nouveaux dans des lieux comme ça, dans la dernière grande ville chrétienne de terre sainte, cela aidera les gens à rester, cela leur fait comprendre qu'il y a des gens du monde qui s'intéressent à eux, cela leur fait comprendre que la France continue à s'intéresser à eux.

Vous savez que la France était la protectrice des lieux saints, d'après les accords avec l'empire ottoman, et il y a toute une histoire entre la France et la terre sainte. Que les Français soient venus pour faire cela, ça les a beaucoup touchés !

 

C'est la providence qui a conduit tout cela

EV : je voulais vous demander : ce n'est pas un hasard si ce sont des Français qui se sont emparés de ce projet ?

 

OB : on croit vraiment que c'est la Providence qui a conduit tout ça ; on espère que c'est le projet du bon Dieu ; on a eu des tonnes de signes pour le penser ; cela n'enlève pas les difficultés, je peux vous dire que dans les 3 dernières semaines, j'ai passé les 3 semaines avec le plus de pressions de toute ma vie, parce que j'étais très triste de ne pas pouvoir payer les gens. On a eu des problèmes d'argent, mais aussi de délai. Ça été une très très grosse pression, donc très dur. Donc le bon Dieu n'enlève pas toutes les difficultés, mais il est là ; et finalement je suis sûr que tout se terminera bien !

J'ai trois niveaux de vision sur ce projet : au niveau court terme, c'est plein de problèmes, de délais pas tenus, des problèmes financiers ; au moyen terme, je suis sûr que le concept du centre, tel qu'il a été imaginé avec ses différents modules et ses parcours multimédia, je suis sûr que c'est vraiment génial et que cela va marcher, il nous faut le temps de le roder, nous sommes en période de rodage, cela prendra peut-être 1 an, 2 ans, 3 ans (mais ce n'est pas grave, ici cela fait 2000 ans que ce lieu est important, on n'est pas à 10 ans près), un jour ce sera formidable ici ;

et puis il y a un troisième plan celui du développement de ce projet. Derrière l'idée que les parcours multimédia pour annoncer la foi n'existent pas dans l'église, on a conçu le principe de centres marials associés qui vont se développer dans différents pays. Il y a un centre qui est en cours de construction au Liban ; il y a là un autre qui est prévu à Guadeloupe au Mexique ; un autre à Aparecida pas au Brésil ; un à Manille aux Philippines ; un à Niewpokalanow en Pologne ; on a aussi un petit projet embryonnaire en Belgique et en France...

Ces centres-là vont se développer et je pense ce réseau de centres marials, qui sont des centres franchisés, - on donnera les contenus et les gens paieront le centre et le posséderont localement - va se développer fortement ; on aura un réseau de distribution chrétien ; on aura des gens qui permettent que le multimédia soit développé au service de la foi partout dans le monde.

 

Nazareth, point de départ

EV : c'est-à-dire que pour vous ici c'est un point de départ pour autre chose ?

 

OB : tout à fait ! De même que Nazareth est le point de départ de tout, que c'est une source, comme le dit l'évêque, - c'est quelque chose qui est née à Nazareth et qui s'est répandue dans le monde entier - eh bien on aimerait bien que ce centre qui né aujourd'hui avec ses contenus qui vont se développer et s'enrichir d'année en année, que ce concept se répande dans le monde entier. Je pense que ça commence déjà si des gens sont contents de ce qu'on leur présente ici, cela peut se développer très vite

 

EV : l'idée de départ c'était évangéliser, d'annoncer la foi chrétienne par le biais de Marie ; est-ce que le projet aujourd'hui ici est d'aider les habitants, d'aider les chrétiens de terre sainte les chrétiens ?

 

OB : je ne sais pas s'il y avait un projet de départ. Nous avons été pris dans un concours de circonstances. Nous avons fait cela sans avoir forcément un plan. Mais lorsqu'on regarde les choses, c'est vrai que l'on a ressenti depuis toujours les besoins des chrétiens de terre sainte.

Vous savez que lorsque l'on a fait la nuit de Bethléem avec Notre-Dame de France ont était sur la frontière avec les palestiniens et Israël ; il avait les chars d'un côté et les mitrailleuses de l'autre, on a senti les tensions de ce pays, on a senti les problèmes des chrétiens et on a eu beaucoup d'amitié très forte avec les gens d'ici.

Donc on est sensible, l'église toute entière est sensible aux lieux saints et à la terre sainte. Le fait de travailler avec eux et pour eux est quelque chose qui a été très important.

On peut dire quand même que le point n° 1 pour nous est la nouvelle évangélisation : c'est comment trouver des moyens de présenter la foi aux hommes d'aujourd'hui. Vous savez, on dit toujours qu'il faut rejoindre les gens là où ils sont, et bien, aujourd'hui ils sont devant la télévision ! Si vous leur montrez des livres, si vous leur donnez des encycliques - je trouve ça très bien des encycliques - ce n'est pas adapté à tous les publics, ce n'est pas adapté aux jeunes, il y a des gens qui ne rentrent pas là-dedans. Il faut trouver les moyens de parler avec la culture d'aujourd'hui, avec les moyens multimédia d'aujourd'hui.

Quand on voit qu'on est capable de trouver 12 milliards d'euros pour parler de Mickey et de Donald dans Disneyland, et qu'on se dit que l'on a du mal à trouver 15 millions d'euros pour faire un centre destiné à parler de Jésus et de Marie, c'est vraiment aberrant, les moyens du monde nous écrasent : il y a 1000 fois plus de moyens pour Mickey et Donald que pour Jésus et Marie. Comment  est-ce possible alors que les chrétiens représentent 2 milliards d'hommes dans le monde ? Comment c'est possible alors qu'il y a 200 films qui sortent chaque année à Hollywood, signalait pas au moins un ou deux qui soient chrétiens chaque année ? Comment c'est possible tout ça ? Voilà, on essaie de travailler pour que cela change un petit peu, à notre modeste mesure.

 

EV : est-ce que l'on peut parler d'un fruit de ce centre de Nazareth: vous avez dit tout à l'heure qu'il y avait des juifs, des musulmans, des chrétiens qui ont travaillé sur ce projet ?

OB : oui, tout à fait, on voit des gens qui font leur prière musulmane dans le centre en travaillant, on voit des juifs israéliens pratiquants qui travaillent. En fait, ici, les choses sont assez simples, il y a des extrémistes partout, mais globalement il y a une bonne entente entre les gens ; et encore une fois Marie fait le lien entre ces différentes religions.

Il y aurait eu plus de problèmes si on avait fait cela pour Jésus, si on avait voulu parler de ce que Jésus est Dieu. L'incarnation ne parle que de ça : Jésus est Dieu, mais on le dit d'une manière telle que cela passe beaucoup mieux.

 

L'inauguration

EV : c'est aujourd'hui les 25 mars le jour de la fête de l'annonciation, c'est l'inauguration ; que va-t-il se passer ?

 

OB : il y aura plusieurs choses. D'abord il aura la grande messe solennelle qui est la messe classique de Nazareth pour l'annonciation. Ensuite, il aura l'inauguration juste après, avec le patriarche, Mgr Marcuzzo, tous les évêques, l'ambassadeur de France, le maire, le nonce, tout le monde.

Au cours de cette cérémonie-là, les salles seront bénies, il y aura des discours sur la terrasse en haut, puis ensuite un cocktail puis, dans l'après-midi, on a une veillée de prière œcuménique et, le soir un nouveau cocktail avec les habitants de Nazareth.

 

EV : pour qu'on se rende bien compte, le 25 mars ici à Nazareth, c'est une journée spéciale ?

 

OB : oui c'est une journée complètement spéciale. Depuis le 24 mars au soir, il y a l'entrée du patriarche à Nazareth, avec une procession gigantesque. C'est le seul moment où toutes les autorités d'église viennent à Nazareth pour fêter cette fête qui est ici très fêtée.

Vous savez qu'au Liban, chrétiens et musulmans ont décidé que le 25 mars serait une fête nationale, chômée ; cela vient d'être décidé il y a 1 an. Cela montre à quel point les musulmans et les chrétiens sont sensibles à cette date.

Cette date est peu connue en France, c'est étonnant, car encore une fois il y a 3 ou 4 grands mystères dans la foi :le mystère de la création, le mystère de l'élection d'Israël, mais surtout tout le mystère de l'incarnation et de la rédemption -  tout le monde sait que le mystère de la rédemption c'est Pâques et Jérusalem - , mais l'incarnation c'est Nazareth et c'est Marie et c'est le 25 mars.

 

EV : Olivier Bonnassies, un grand merci. Pour tous les auditeurs qui s'intéressent à ce centre vous pouvez en savoir plus sur le site Internet du centre Marie de Nazareth... Très bonne fête de l'annonciation à tous !

 

Interview d'Olivier Bonnassies

par Éléonore Veillas

pour Radio Notre-Dame

25 mars 2011

 

 

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