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Marie dans le Judaïsme, l'Islam et les autres religions
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Le sens du pèlerinage à la Mecque.

Nous suivons : R. ARNALDEZ, directeur de l'institut des langues orientales de Beyrouth.

 

Le pèlerinage (ḥağğ) est un acte d'obéissance.

« On ne trouve aucune justification de ce culte par des raisons autres que l'obéissance. [...] Ce n'est que plus tard que les musulmans chercheront à montrer le bien-fondé de leur culte. » [1]

« Le pèlerinage est essentiellement un acte d'obéissance qui rappelle l'histoire d'Abraham, la création d'Adam, c'est-à-dire l'alliance radicale dans la foi et la soumission par laquelle Dieu appelle les hommes à lui. » [2]

Une alliance qui se distingue cependant de l'Alliance biblique puisqu'elle dépend de l'idée du « mītāq » selon laquelle « l'homme naît croyant et musulman en vertu d'un mītāq prééternel qui se situe au-delà de sa propre existence mais qui la fonde. »[3] Ainsi, pendant la vie terrestre, « le croyant, en disant oui, n'est pas un agent [...] le non est purement et absolument négatif parce qu'il consiste à rejeter la foi et à accepter, en refusant Dieu, le néant. Ce non ne produit rien ; dès qu'est achevé l'acte qui consiste à dire non, on tombe dans le non-être où il n'y a plus d'actes possibles. »[4]

Ainsi, par le pèlerinage, le croyant prend à son compte le mītāq qui engage l'humanité entière au service d'Allah.

 

Le pèlerinage est dû à Dieu, à la manière d'une dette.

« Les juristes insistent sur le fait que le pèlerinage est dû à Dieu, à la manière d'une dette. C'est pourquoi un homme qui meurt sans l'avoir fait, alors qu'il aurait pu le faire, meurt endetté. La plupart des juristes estiment que le croyant qui va mourir dans cet état peut, par testament, charger quelqu'un d'autre d'aller en pèlerinage à sa place. »[5]

 

Le pèlerinage peut « effacer » les péchés.

Pour les spirituels musulmans, le Pèlerinage est en rapport avec l'effacement des péchés. Un ḥadīh enseigne que le pèlerin de la Mecque qui n'a pas (au cours de son pèlerinage) tenu de propos immoraux et qui ne s'est pas livré au libertinage, sort de ses péchés comme au jour de sa naissance. C'est donc là une véritable régénérescence. Mais il faut croire fermement à la vérité de cet acte du culte.

 

L'intercession des saints.

Un autre ḥadīh dit que le plus grand des péchés est celui que commettrait un homme qui, se trouvant sur le mont Arafat, près de la ville sainte, penserait que Dieu ne lui pardonne pas[6].

« Un croyant peut se substituer à un autre qui est dans l'impossibilité de faire le pèlerinage. Du point de vue spirituel, il y a, pour l'intercession, une substitution correspondante, selon un ḥadīh. [...]

Dans la mystique ésotérique, le pèlerinage introduit le fidèle dans un monde habité par des êtres d'élection, les saints, et d'une façon plus large, tous ceux que Dieu agrée et qui reçoivent la charge d'intercéder pour les autres »[7].

 

Pour un dialogue avec le christianisme, on pourra observer trois points :

Sacrifice d'expiation, intercession pour le prochain, pèlerinage existent aussi dans le judaïsme et le christianisme.

Cependant, le fait que l'islam soit un post-christianisme (qui refuse de croire en Jésus rédempteur) donne à des mots, des gestes ou des attitudes qui parfois se ressemblent une signification très différente.

 


[1] R. ARNALDEZ, « La mystique musulmane », dans Aa Vv, La mystique et les mystiques, DDB, Paris 1965, p . 571-648, p. 499

[2] R. ARNALDEZ, Ibid., p. 598

[3] R. ARNALDEZ, Ibid., p. 637

[4] R. ARNALDEZ, Ibid., p. 636

[5] R. ARNALDEZ, Ibid., 499

[6] R. ARNALDEZ, Ibid., 616

[7] R. ARNALDEZ, Ibid., 617-618

Synthèse F. Breynaert

 

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