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Marie dans le Judaïsme, l'Islam et les autres religions
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Marie et l'unité des peuples

« Mère des hommes, Marie connaît bien les besoins et les aspirations de l'humanité. Le Concile lui demande en particulier d'intercéder pour que "les familles des peuples, qu'ils soient déjà marqués du beau nom de chrétien ou qu'ils ignorent encore leur Sauveur, soient enfin heureusement rassemblés dans la paix et la concorde en un seul Peuple de Dieu à la gloire de la Très Sainte et indivisible Trinité"[1]. La paix, la concorde et l'unité, objets de l'espérance de l'Église et de l'humanité, apparaissent encore lointaines. Toutefois, elles constituent un don de l'Esprit qu'il faut implorer sans répit, en se mettant à l'école de Marie et en ayant confiance dans son intercession. »[2]

 

Nous voyons par exemple, à Porto Novo, au Bénin, un sanctuaire marial où le jour de l'Epiphanie, les païens peuvent entrer dans l'Eglise, et on les trouve prosternés et suppliants.[3]

Nous apprenons aussi la reconnaissance, le 31 mai 2002, par Mgr Punt des apparitions d'Amsterdam, où, le 11 février 1951, l'apparition déclara : « Je suis la Dame, Marie, Mère de tous les peuples », avec une prière devant la croix demandant au Seigneur Jésus-Christ, Fils du Père, d'envoyer «  l'Esprit-Saint dans les cœurs de tous les peuples afin qu'ils soient préservés de la corruption, des calamités et de la guerre »[4].

 

Cette sorte d'universalisme qui dépasse les frontières de l'Eglise ne signifie pas que les chrétiens se fondent dans le système philosophique dominant. Comme au temps d'Isaïe, la conscience d'avoir vécu un compagnonnage unique avec le Seigneur est irréductible. Les chrétiens ont conscience d'avoir reçu la révélation d'un Esprit Saint qui est tout autre qu'une simple lumière humaine.

Mais comme au temps d'Isaïe qui avait une notion de la royauté de Dieu suffisamment large pour concevoir que Dieu exerce sa souveraineté sur les païens[5], la foi chrétienne est suffisamment large pour avoir l'espérance que les païens s'ouvrent à son Esprit Saint.

 

Les païens qui fréquentent les sanctuaires mariaux ne sont pas pour autant des « chrétiens sans le savoir », des gens qui auraient reçu le salut sans avoir reçu le baptême. Il s'agit de l'Esprit Saint, et non pas du salut. Il n'y a pas de salut sans contact avec Jésus-Christ incarné mort et ressuscité, et personne ne peut croire sans qu'on lui ait prêché (Rm 10, 14). - Le christianisme enseigne que si ce salut n'a pas été reçu sur la terre, il peut l'être dans l'Au-delà par la bonne nouvelle annoncée aux défunts[6]. L'Esprit Saint conduit à reconnaître le Christ ; l'Esprit Saint conduit aussi aux bonnes œuvres ; il prépare donc le salut éternel, car si nos œuvres sont mauvaises, à l'heure de la mort nous fuirons Jésus et son salut, mais celui qui fait le bien vient à la lumière (Jn 3, 20-21).

 

 


[1] VATICAN II, Lumen gentium § 69

[2] JEAN-PAUL II, audience générale du 12 novembre 1997

[3] Cf. Attilio GALLI, Madre della Chiesa dei Cinque continenti, Ed. Segno, Udine, 1997, p.609-623

[4] Patrick SBALCHIERO article « Amsterdam », dans : René LAURENTIN et Patrick SBALCHIERO, Dictionnaire encyclopédique des apparitions de la Vierge. Inventaire des origines à nos jours. Méthodologie, prosopopée, approche interdisciplinaire, Fayard, Paris 2007.

[5] Cf. JEAN PAUL II, audience du mercredi 31 octobre 2001

[6] Cf. Jn 5, 25 ; 1P4, 6 ; le Credo « il est descendu aux enfers » ; et le commentaire dans le catéchisme de l'Eglise catholique § 634-635.


Synthèse F. Breynaert

 

 

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Fra Angelico, Adoration des mages 1445, tondo 137, 2 cm. National Gallery of art Washington. Wikimedia cc public domain.

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