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Marie remplit le monde
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Choziba, où Joachim serait allé prier avant la naissance de Marie

Nous avons été conquis par la poésie mariale de cette oasis.

 

De plus, une tradition multiséculaire qui ne semble pas ignorée du Protévangile de Jacques, situe à Choziba l’aube annonciatrice de la Rédemption.

 

En effet, Joachim, père de Marie, s’y serait retiré dans le jeûne et la prière pour y recevoir la promesse consolante qu’une enfant lui naîtrait pour réchauffer et illuminer ses vieux ans.

 

Le monastère de Choziba, oasis de pénitence

Il n’est point nécessaire d’explorer la nuit des temps pour découvrir les origines du monastère de Choziba.

 

Son histoire est reconstituée avec précision par deux monographies de la première moitié du VIIème siècle dues au moine Antoine de Choziba qui se sanctifia dans cette solitude.

 

Les origines et le développement du monastère sont identiques à ceux des antiques monastères de Palestine. Les ermites, dès l’âge apostolique, furent amenés à recevoir des disciples puis tenus de leur donner une formation religieuse. Ceux-ci se groupèrent autour du maître vénéré, s’associant des compagnons, et ainsi peu à peu des cellules s’élevèrent pour fonder la laure qui donna naissance à la vie monastique proprement dite.

 

La laure protégeait la solitude de l’anachorète vivant recueilli dans sa cellule isolée tandis qu’elle tempérait l’âpreté de l’isolement par des exercices communs, surtout dans la sanctification du jour du Seigneur.

 

La vie cénobitique s’affirmait peu à peu car bientôt l’organisation du service des réunions de plus en plus fréquentes finit par s’imposer surtout dans la formation des aspirants.

 

La vie commune du cénobitisme allait réagir contre l’embourgeoisement qui s’infiltrait chez les anachorètes en leur imposant une discipline monastique.

 

L'archéologie confirme l'eglise de la Théotokos comme l'un des tout premiers sanctuaires de Marie en Palestine

Mais l’intérêt qui retient notre attention sur ce nid d’aigle posé parmi les rochers de l’oued el-Qelt n’est pas l’étude du monachisme ; Choziba est l’un des tout premiers sanctuaires de Marie en Palestine.

 

A vrai dire, il faut remonter au début du VII ème siècle pour découvrir les premières affirmations écrites d’une église dédiée à la Mère de Dieu à Choziba. Toutefois les monographies du moine Antoine nous permettent d’attribuer la construction de l’église à l’abbé Jean, fondateur de Choziba, qui la dédia à la Théotokos vers le Vème siècle ou dès le début du VIème siècle.

 

D’ailleurs, l’examen archéologique de l’église confirme ces données tandis que le choix du titulaire, tout à fait conforme à l’usage du siècle, résulte de la doctrine mariale du Concile d’Ephèse (431) qui faisait vibrer l’Eglise orientale.

 

De plus la ressemblance frappante et l’identité du titulaire de l’église de la laure Saint-Saba, consacrés par le patriarche Elie de Jérusalem en l’an 501, viennent confirmer ces données historiques.

 

Le titre marial de l’église de Choziba ne pouvait nullement être mis en doute par le moine Antoine parce qu’il faisait corps avec la tradition. Désireux d’expliquer l’admission des femmes dans l’enceinte du monastère malgré la clôture sévère des laures il recourt à la tradition.

 

La Mère de Dieu apparut à une femme et l’invita instamment à la visiter à Choziba, l’assurant que c’était sa maison.

« Cet événement se produisit, je crois, afin que tous sachent bien que ce saint lieu Lui appartient et qu’il soit reconnu qu’il dépend de Sa volonté qu’on y accomplisse ce qu’Elle veut et qu’on s’y comporte comme Elle veut. »

 

Or, le moine Antoine n’exprime nullement une opinion personnelle parce que saint Georges de Choziba, constatant de son côté que les moines étaient préservés de la morsure des serpents venimeux qui infestaient la région, attribue cette protection insigne à la Mère de Dieu à laquelle le lieu était consacré.

 

Légende apocryphe

Le monastère de Choziba nous est connu grâce aux écrits du moine Antoine qui a fixé dans l’histoire son ère de prospérité. En effet, il commença à décliner peu après pour tomber dans l’oubli trois siècles plus tard. Pendant cette période, l’histoire ne signale que par de brèves allusions, le dépérissement du monastère qui s’évanouit dans l’abandon et la ruine.

 

Mais la pénombre de l’histoire glorieuse du monastère de Choziba permet d’identifier le lieu solitaire choisi par saint Joachim quand il eut décidé de se vouer à la vie pénitente.

 

Selon le Protévangile de Jacques, Joachim dont l’offrande libérale était refusée parce qu’il n’avait point de prospérité, se retira au désert pour y vivre dans la prière et le jeûne jusqu’au jour où Dieu daignerait jeter sur lui un regard de compassion. Mais un ange du Seigneur lui apparut et lui dit :

 

« Joachim, Joachim, le Seigneur a exaucé ta prière. Quitte ce lieu car voici que ton épouse Anne va concevoir dans son sein. Et Joachim, répondant à l’appel de l’ange, partit avec ses troupeaux ».

 

A propos du sanctuaire :

Il n’est pas sans intérêt de savoir si la légende apocryphe se trouve à l’origine de la dévotion mariale de Choziba ou si celle-ci l’a motivée. Si l’on considère le culte rendu à la Vierge dans l’église du monastère dès sa fondation, ne serait-il pas logique de conclure à sa dépendance d’une tradition locale qui remonte à Joachim ?

 

L’autorité accordée au Protévangile, à cette époque, autant que son utilisation par l’iconographie contemporaine justifient ces affirmations. Cependant l’absence de détails dans les monographies du moine Antoine ne permet point une si généreuse reconstitution.

 

Le VIIIème siècle ne fournit aucun élément nouveau en faveur de la légende de Choziba. Jean d’Eubée (730) semble bien faire allusion à Choziba dans un fameux sermon de l’Immaculée mais son insistance à remplacer le mot désert employé dans le protévangile par montagne, laisse supposer qu’il a puisé son information dans des traditions différentes de l’Apocryphe.

 

Aucune certitude ne peut cependant venir de ce côté car la tradition locale sur laquelle il s’appuie, ne repose point sur un fondement solide mais se réduit à une concordance harmonieuse avec le protévangile sans indication précise des lieux.

 

Au reste, les deux termes employés –désert et montagne- ne sont pas inconciliables ; la source apocryphe elle-même se sert indifféremment de l’un et de l’autre dans le récit où Joachim se retire au désert dans une région montagneuse. D’autre part, l’évangile du pseudo-Matthieu qui est en somme une traduction latine très large – ou une reconstitution fantaisiste du texte grec en latin du protévangile- se plaît à décrire la solitude montagneuse choisie par le père de Marie en vue d’un séjour de pénitence.

 

Dès son origine, le sanctuaire de Choziba apparaît donc comme un lieu de prière créé pour favoriser la piété mariale plutôt que pour évoquer le souvenir d’un événement religieux.

 

Quoiqu’il en soit, il n’est pas sans intérêt de connaître l’existence, dès le Vème siècle, d’un sanctuaire marial tout semblable à ceux que nous voyons encore en Palestine et qui jalonnent le passage de la Mère de Dieu et rappellent sa maternelle bonté.

 


Antonio Olivan

 

 

Cf. Chapitre : Anne et Joachim, parents de Marie (Panorama)

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