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Panorama de la vie de Marie
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L'Assomption dans la tradition de l'Eglise

La Tradition concernant l'Assomption a commencé avec l'Église Judéo-chrétienne, qui composa des écrits apocryphes (Transitus). Ensuite, a commencé la liturgie à Jérusalem, puis en Egypte, à Constantinople, à Rome... Qui dit liturgie, dit aussi cantiques, homélies, réflexion théologique... une réflexion qui continue jusqu'aujourd'hui.

Le pape Jean Paul II résume pour nous les grands axes de toute cette tradition de l'Eglise concernant l'Assomption de la Vierge Marie.

 

Catéchèse de Jean Paul II

 

1. La tradition constante et unanime de l'Église met en évidence combien l'Assomption de Marie rentre dans le dessein divin et est enracinée dans la participation singulière de Marie à la mission de son Fils.

Dès le premier millénaire, les auteurs sacrés s'expriment en ce sens.

On en trouve des témoignages, à vrai dire à peine esquissés, chez saint Ambroise, saint Epiphane, Timothée de Jérusalem. Saint Germain de Constantinople (mort en 733) met ces paroles dans la bouche de Jésus qui s'apprête à conduire sa Mère au ciel: «Il faut que là où je suis, tu y sois aussi, Mère inséparable de ton Fils »[1].

 

De plus, la même tradition ecclésiale voit dans la maternité divine la raison fondamentale de l'Assomption.

Nous trouvons une trace intéressante de cette conviction dans un récit apocryphe du Vème siècle, attribué au pseudo-Méliton. L'auteur imagine que le Christ interroge Pierre et les Apôtres sur le sort que mérite Marie, et il reçoit d'eux cette réponse :

 

« Seigneur, tu as choisi ta servante afin qu'elle devienne pour toi une résidence immaculée... Il nous a donc semblé juste, à nous tes serviteurs, que, après avoir vaincu la mort, tu règnes dans la gloire, que tu ressuscites le corps de ta mère et que tu la conduises avec toi, remplie de joie au ciel »[2].

 

On peut donc affirmer que la maternité divine, qui a fait du corps de Marie la résidence immaculée du Seigneur, fonde son destin glorieux.

 

2. Dans un texte riche de poésie, saint Germain soutient que c'est l'affection que Jésus porte à sa Mère qui exige que Marie rejoigne au ciel son divin Fils:

«Comme un enfant recherche et dé-sire la présence de sa mère, et comme une mère aime vivre en compagnie de son fils, il en est de même pour toi; l'amour que tu portes à ton Fils et Dieu ne fait pas de doute, et il convenait que tu retournes vers lui. Et ne convenait-il pas que, de toute façon, ce Dieu qui a éprouvé pour toi un amour vraiment filial, te prenne en sa compagnie? »[3].

 

Dans un autre texte, le vénérable auteur intègre l'aspect privé du rapport entre le Christ et Marie, et la dimension salvifique de la maternité. Il soutient ceci :

 

«Il fallait que la Mère de la Vie partageât l'habitation de la Vie»[4].

3. Selon certains Pères de l'Église, un autre argument qui fonde le privilège de l'Assomption découle de la participation de Marie à l'œuvre de la Rédemption. Saint Jean Damascène souligne le rapport entre sa participation à la Passion et son destin glorieux:

 

«Il fallait que Celle qui avait vu son Fils en croix et reçu en plein cœur le glaive de douleurs... contemplât ce Fils assis à la droite du Père »[5].

 

À la lumière du mystère pascal, il apparaît très clairement combien il était opportun que, avec son Fils, la Mère, elle aussi, fût glorifiée après sa mort.

 

En rappelant dans la Constitution dogmatique sur l'Église le mystère de l'Assomption, le Concile Vatican II attire l'attention sur le privilège de l'Immaculée Conception. Précisément parce qu'«elle fut préservée de toute tache due au péché originel » (LG 59), Marie ne pouvait pas demeurer comme les autres hommes dans un état de mort jusqu'à la fin du monde. L'absence de péché originel et sa sainteté parfaite dès le premier instant de son existence exigeaient pour la Mère de Dieu la pleine glorification de son âme et de son corps.

 

4. Quand on regarde le mystère de l'Assomption, il est possible de comprendre le plan de la divine Providence concernant l'humanité: après le Christ Verbe incarné, Marie est la créature humaine qui réalise, la première, l'idéal eschatologique, anticipant la plénitude du bonheur promis aux élus avec la résurrection des corps.

Nous pouvons aussi voir dans l'Assomption de la Vierge la volonté divine de promouvoir la femme.

Par analogie avec ce qui s'était passé à l'origine du genre humain et de l'histoire du salut, l'idéal eschatologique, dans le projet de Dieu, devait se révéler non dans une seule personne mais dans un couple. Aussi dans la gloire céleste, aux côtés du Christ ressuscité, y a-t-il une femme ressuscitée, Marie : le nouvel Adam et la nouvelle Eve, prémices de la résurrection générale des corps de l'humanité tout entière.

La condition eschatologique du Christ et celle de Marie ne doivent certes pas être situées sur le même plan. Nouvelle Eve, Marie a reçu du Christ, nouvel Adam, la plénitude de grâce et de gloire céleste car elle a été ressuscitée, par l'intermédiaire de l'Esprit Saint, par le pouvoir souverain de son Fils.

 

5. Aussi succinctes soient-elles, ces notations nous permettent de mettre en lumière que l'Assomption de Marie révèle la noblesse et la dignité du corps humain.

Devant les profanations et l'avilissement auxquels la société moderne soumet souvent, en particulier, le corps de la femme, le mystère de l'Assomption proclame le destin surnaturel et la dignité de tout corps humain, appelé par le Seigneur à devenir un instrument de sainteté et à participer à sa gloire.

Marie est entrée dans la gloire parce qu'elle a accueilli dans son sein virginal et dans son cœur le Fils de Dieu. En la regardant, le chrétien apprend à découvrir la valeur de son propre corps et à le garder comme un temple de Dieu, dans l'attente de la résurrection.

L'Assomption, privilège accordé à la Mère de Dieu, constitue ainsi une immense valeur pour la vie et le destin de l'humanité.



[1] Homélie 3 sur la Dormition, PG 98, 360

[2] De transitu V Mariae, 16: PG 5, 1238

[3] Homélie 1 sur la Dormition, PH 98, 347

[4] ibid, PG 98,348

[5] Homélie 2, PG 96, 741

Jean Paul II, Audience du 9 juillet 1997

 

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